Pratique politique post Taëf: L’Echec de l’Intérêt Public
L’accord de Taëf signé en Arabie Saoudite le 22 Octobre 1989 vient mettre un terme au long conflit armé au Liban. Cet accord international consenti par la communauté internationale et les pays Arabes, sera tant bien que mal agréé par les forces politiques et militaires au Liban à l’exception du Premier Ministre de l’époque le Général Michel Aoun qui refusa cet accord et qui s’élança dans une double lutte politique et militaire jusqu’à l’invasion Syrienne le matin du 13 Octobre 1990.
Le contrôle du terrain par les forces Syriennes, les imposa comme garantes de la restauration de la paix. Hafez Al Assad jouera à ce niveau sur deux tableaux : Assurer une couverture à travers un financement Arabe et International ; et contrôler l’échiquier politique interne de manière a être le seul interlocuteur et l’unique gérant de l’équation sécuritaire.
Sur le plan interne, il évinça tout d’abord l’ancienne classe politique à l’avantage des Seigneurs de la guerre. Il renforça leur mainmise en orchestrant un pillage des ressources de l’Etat tout en gardant la main plus élevée pour contrôler l’ensemble des acteurs qui profitent des nouvelles dispositions. Cette distribution permettra de maintenir et de gérer un clientélisme florissant, puisqu’il s’agit de gagner la paix sociale en intégrant les anciens miliciens dans l’appareil de l’Etat. Pour qu’aucun des nouveaux venus ne remette en question la légitimité syrienne, Assad réussit à créer des équilibres et des tensions intercommunautaires pour maintenir une instabilité permanente entre les seigneurs de la guerre, qui a un label communautaire ce qui les empêcha de s’élever au rang national. Ils réussiront ainsi, et cela grâce à l’arbitre-pyromane syrien, à trouver un équilibre pour distribuer entre eux les richesses de l’Etat.
La gestion des ressources de l’Etat et de son territoire revient donc à une classe dirigeante corrompue et incompétente qui ne pourra gérer ni les ressources naturelles, ni les services de l’Etat de base (eau, électricité, télécom). En conséquence, cela se traduira par un déficit budgétaire annuel qui se poursuivît pendant trente ans mais qui sera redressé par une balance de paiement positive grâce à l’influx de capitaux étrangers attirés par des taux d’intérêt séduisants. Quant à la justice, elle sera au fil des années inféodée au bon vouloir des Seigneurs de la guerre, ce qui remît en cause le principe de la séparation des pouvoirs.
La pratique du pouvoir post Taëf s’est concentrée sur un affaiblissement du rôle et de la fonction de l’Etat au dépend des Seigneurs de la guerre qui deviennent eux les gardiens des administrations et les gérants du fonctionnement de l’Etat.
Face à l’échec de cette gouvernance, c’est une nouvelle gestion de l’Etat qu’il faut définir. La centralisation de cette corruption dû au fait que la richesse se situe au niveau central, nous amène à réfléchir aux moyens qui pourraient être trouvés pour libérer le citoyen de joug des Seigneurs de la guerre, où de tous les autres. Il résultera de cette gouvernance un échec de l’intérêt public et un dégoût généralisé à l’égard de l’entière classe politique.
Il est temps de concevoir un nouveau régime administratif, aussi décentralisé qu’il soit pour consacrer une gestion publique des affaires de l’Etat plus transparente, productive et efficace. Cela passerait par l’institution de larges prérogatives administratives et financières aux localités pour libérer le citoyen du joug des oligarques du pouvoir central.


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